Le défi de l'environnement des professionnels de l'automobile
L'Observatoire National des Déchets de l'Automobile, piloté par le Conseil National des Professions de l'Automobile (CNPA) a réalisé en juin dernier une première en matière d'environnement en publiant les chiffres 2005 de la collecte sélective de 9 catégories de déchets des entreprises des services de l'automobile. Objectif : une lisibilité sur la bonne gestion des déchets qui permet de réduire les risques de pollution du sol, des nappes phréatiques et des stations d'épuration.
Quelques chiffres significatifs
- En 2005, 5,4 millions de filtres usagés ont été récupérés.
- Pas moins de 1,5 million de litres de liquide de refroidissement, 520 000 batteries, 1 000 tonnes de solides imprégnés (chiffons...) ont été ainsi triés, collectés et valorisés.
- A noter également que 5 100 tonnes de ferraille, 190 000 pare-brise, 228 500 pare-chocs ont été collectés et valorisés.
- Enfin, et selon les informations délivrées par l'Ademe, en 2004, 235 000 tonnes de pneus usagés (véhicules particuliers et véhicules industriels) et 116 millions de litres d'huiles usagées en 2005 ont également été ramassés dans les garages.
• les Déchets Industriels Dangereux (DID)
• les filtres (à huile) usagés
• les liquides de refroidissement usagés
• les batteries usagées
• les solides imprégnés
• les huiles usagées
• les Déchets Industriels Non Dangereux (DIND)
• les ferrailles
• les pare-chocs usagés
• les pare-brise usagés
• les pneumatiques usagés.
Les filtres usagés
Le marché
On estime en 2004 le marché des filtres à 28 millions de filtres à huile et 12 millions de filtres à carburants, soit 40 millions d'unités.
La collecte
En 2005, 5 430 000 filtres usagés ont été triés et collectés chez les professionnels de la réparation automobile recensés dans l'Observatoire National des Déchets de l'Automobile.
C'est 15 % de plus qu'en 2004.
Les volumes collectés sont répartis de manière homogène sur l'ensemble du territoire. Chaque région représente entre 1 et 12 % de la collecte nationale.
Les liquides de refroidissement usagés
En 2005, c'est plus de 1,5 million de litres de liquides de refroidissement collectés et traités :
• soit en valorisation énergétique
• soit en valorisation matière par régénération par nanofiltration
Les batteries usagées
Le marché
En 2004, 5 millions de batteries ont été mis sur le marché, soit 75 504 tonnes de batteries (source : Observatoire National des Piles et Accumulateurs de l'Ademe) :
- 88 % en première monte
- 12 % en rechange
La collecte
En 2005, plus de 520 000 batteries usagées ont été collectées chez les réparateurs automobiles recensés.
Avec un taux de valorisation matière de plus de 75 %, 3 535 tonnes de matières sont issues de la valorisation. Le plomb est fondu, affiné et entre dans la composition de nouvelles batteries. Le plastique est extrudé pour entrer dans la fabrication de nouvelles pièces automobiles.
• 1 925 tonnes de ferraille valorisées en fonderie
• 1 155 tonnes d'huile valorisées
• 770 tonnes d'éléments filtrants valorisées
Les solides imprégnés
Le marché
Le gisement des solides imprégnés est difficilement quantifiable, car composé de produits hétérogènes : absorbants, chiffons, gants, papiers de marouflage, cartons souillés, films plastiques souillés.
Ces solides sont imprégnés de substances dangereuses telles qu'hydrocarbures, diluants, solvants, peintures, colles, mastics...
En 2005, plus de 1 000 tonnes de solides imprégnés ont été collectés et valorisés énergétiquement.
Les huiles usagées
Le marché
En 2004, les ventes d'huiles s'élèvent à 161 698 tonnes d'huiles pour les moteurs essence et
48 690 tonnes d'huiles pour les moteurs diesel.
45 % des huiles usagées collectées en France proviennent des réparateurs automobiles.
La collecte
116 millions de litres ont été collectés dans les garages en 2005, soit 104 306 tonnes.
La valorisation
En 2005, la totalité des huiles usagées collectées sont valorisées :
• 51 % en combustible de substitution
• 49 % en recyclage matière
Les pièces métalliques ou "ferrailles" usagées
Le marché
Les métaux ferreux et non ferreux représentent entre 70 % et 75 % du poids total d'un véhicule. Ces matériaux représentent une part importante des déchets d'un garage.
La collecte
En 2005, plus de 5 100 tonnes de pièces métalliques hors d'usage ont été collectées chez les réparateurs automobiles recensés.
L'acier et l'aluminium sont les principaux métaux collectés et recyclés.
La valorisation
Le recyclage d'une tonne d'acier permet l'économie d'une tonne de minerai de fer.
Un véhicule particulier compte aujourd'hui
65 % d'acier (matériau recyclable et recyclé), soit l'équivalent de 19 000 boîtes de conserves.
Les pare-chocs usagés
Le marché
Les pare-chocs représentent près de 40 % du marché de la carrosserie.
Deux types de pare-chocs existent : ceux en polypropylène (PP) (la majorité), et ceux en polyuréthanes (PU).
La collecte
228 506 pare-chocs ont été collectés chez les réparateurs automobiles recensés dans l'Observatoire en 2005.
La valorisation matière
Deux types de valorisation :
• la valorisation matière, par les industries automobiles et les plasturgistes
• la valorisation énergétique par les incinérateurs et les cimenteries.
Chaque tonne de plastique recyclée permet d'économiser 700 kg de pétrole brut
Les pare-brises usagés
Le marché
Le marché de la rechange des pare-brise s'élève à 2 400 000 pare-brise. Les carrossiers en détiennent 11 %, les spécialistes
59 % et les constructeurs 30 %.
Le vitrage automobile représente 3 à 4 % du poids moyen d'un véhicule (15 kg pour un véhicule léger).
La collecte
Plus de 190 000 pare-brise usagés ont été collectés en 2005.
La valorisation des pare-brise
Collecté de manière sélective et séparé de sa feuille de polyvinyle butyral (PVB), le pare-brise peut intégrer la chaîne de production des industries verrières (sous forme de calcin). Le calcin trouve une seconde vie dans la céramique, le vert moussé ou les produits d'isolation (laine de verre).
Les pneumatiques usagés
Le marché
281 424 tonnes de pneumatiques neufs ont été mis sur le marché en 2003, composé pour
75 % de pneumatiques Véhicules Légers (VL) et 25 % de pneumatiques Poids Lourds (PL).
La collecte
235 062 tonnes de pneumatiques usagés VL et PL collectées dans les garages et autres détenteurs en 2004 (collecte sur 10 mois)
La valorisation
97 % des tonnages de pneumatiques VL mis sur le marché et 90 % des tonnages de pneumatiques PL mis sur le marché en 2003 ont été valorisés
(Extraits du communiqué de presse du 7 juin 2006)
Formation Traitement des effluents de vibro-abrasion
Wheelabrator Group organisait le 19 septembre dernier sa première session de formation sur le thème du traitement des effluents de vibro-abrasion.
Animée par Michel Devoitin (Directeur Vibro-Abrasion Wheelabrator Group) et Philippe Ferchaud (Responsable technique - expert traitement des eaux Wheelabrator Group), cette formation avait pour but de mesurer l'importance des process et du traitement des effluents, et surtout leur impact sur l'environnement.
Cette journée dédiée aux techniques de vibro-abrasion, aux procédés de centrifugation et à la législation, s'est vue compléter par l'intervention de Gérard Chataignier (IFETS) et Didier Le Carre (Agence de l'eau Seine-Normandie) sur le thème des réglementations en matière de traitement des eaux, ainsi que les aides et subventions destinées aux industriels.
Cette journée appuyée sur un programme complet a réuni une dizaine de stagiaires autour d'informations théoriques et de travaux pratiques
Programme et dates des prochaines sessions sur simple demande
par téléphone : 01.64.57.05.41 ou par e-mail : contact@wheelabratorgroup.fr
RÉDUCTION DES COV, retour d'expérience
Spécialisée dans le revêtement et la décoration de verre plat (miroirs, glaces), la société AURYS, est filiale du groupe Saint-Gobain. Son site de Carentan (50) comprend un atelier d'application de laques et vernis et un atelier de sérigraphie.
Les laques, vernis et encres utilisés sont des produits solvantés dont l'application engendre des émissions atmosphériques de Composés Organiques Volatils (C.O.V.), qui sont nuisibles pour l'environnement.
Pour connaître sa situation par rapport à la réglementation, la société s'engage en 2004, dans un diagnostic des émissions COV financé par L'Ademe.
Cette étude est réalisée par un ingénieur expert indépendant Christine Delahaye, signataire de la charte des intervenants de l'Ademe garantissant ainsi le respect des règles de déontologie.
Le bilan solvants a été établi pour l'année 2003 et les émissions totales ont été évaluées à environ 232 tonnes.
L'atelier de laquage/vernissage génère à lui seul environ 209 tonnes de COV, soit 90 % des émissions totales du site.
Une campagne de mesures de débits et de concentration en COV totaux dans les émissions canalisées a été effectuée dans le cadre de cette étude.
Les mesures réalisées montrent que les concentrations en COV totaux dépassent les valeurs limites prescrites par l'arrêté ministériel du 2 février 1998 modifié par l'arrêté ministériel du 29 mai 2000 pour
10 émissaires, représentant un débit de 18000 Nm3/h.
Les mesures ont permis d'autre part, de montrer que la ligne principale de vernissage est responsable de 98 % des émissions de l'atelier laquage/vernissage.
Pour répondre aux exigences de la réglementation, l'exploitant a deux possibilités :
- respecter les valeurs limites d'émissions canalisées et diffuses de l'arrêté ministériel du 2 février 1998 modifié, à savoir une concentration limite en COV non méthanique dans les rejets canalisés, exprimée en carbone total, de 50 mg/Nm3 pour le séchage et de 75 mg/Nm3 pour l'application ET un flux annuel d'émissions diffuses inférieur à 20% de la quantité de solvants utilisée.
- mettre en place un schéma de maîtrise des émissions COV, qui permet de s'affranchir des valeurs limites d'émissions canalisées tout en respectant un seuil global d'émissions (appelé Emission annuelle Cible).
L'étude a montré que si l'exploitant choisissait la mise en œuvre d'un schéma de maîtrise des émissions (SME), il devra ramener ses émissions totales à environ 138 tonnes (à production constante).
Les possibilités de réduction des rejets à la source telles que l'utilisation des produits à haut extrait sec (HES) ont été investiguées. Toutefois, il a été démontré que la réduction afférente serait insuffisante à la fois pour ramener les concentrations en COV en dessous des seuils limites dans le cadre de l'option respect des valeurs limites d'émissions ou pour atteindre l'émission annuelle cible dans le cadre de la mise en œuvre d'un schéma de maîtrise des émissions.
Dans ces conditions, l'exploitant n'avait pas d'autre alternative que d'épurer partiellement ou totalement les émissions canalisées.
Dans le cadre de la première hypothèse (option VLE), afin de respecter les valeurs limites d'émissions canalisées, il a été montré que l'exploitant devait mettre en œuvre un épurateur pour l'ensemble des extractions dont les concentrations dépassent les seuils limites soit un débit à traiter d'environ 18000 Nm3/h.
Or certains équipements générant des concentrations COV supérieures aux valeurs limites d'émissions fonctionnent très peu (quelques heures par jour) et/ou représentent des flux d'émissions très faibles.
L'impact d'un traitement des émissions issues de ces matériels serait très faible en terme de réduction des émissions tout en représentant un coût important pour l'exploitant.
Dans le cas de la mise en œuvre d'un SME, l'exploitant peut mettre en place un traitement partiel des émissions canalisées qui lui permettra d'atteindre l'émission annuelle cible (EAC).
L'étude a démontré qu'en installant un épurateur pour abattre les émissions canalisées de la ligne principale de vernissage seule, la réduction des émissions serait suffisante pour atteindre l'objectif de réduction des rejets COV fixé par le schéma de maîtrise des émissions qui est d'environ 100 tonnes.
Dans ces conditions, l'épurateur a une capacité de traitement d'environ 11 000 Nm3/h soit 1.6 plus faible que celle de l'équipement nécessaire pour être conforme dans le cas de l'option VLE.
Le coût d'investissement correspondant est réduit d'environ 40%.
A l'issue de cette phase de diagnostic, l'exploitant a sollicité l'Ademe pour le financement de l'investissement.
Christine Delahaye a été missionnée pour rédiger le dossier de demande d'aide à l'investissement à l'Ademe qui a octroyé à la société Aurys une subvention d'environ 15 000 euros.
L'épurateur a été commandé en décembre 2004 et mis en fonctionnement en novembre 2005. Le rendement d'épuration est d'environ 99% et la quantité de rejets évitée est d'environ 160 tonnes (à production constante base 2003).
En mars 2006, la société Aurys, assistée de Christine Delahaye, a présenté à la DRIRE un Plan de Gestion de Solvants (PGS) prévisionnel pour l'année 2006 prenant en compte l'abattement des rejets par l'épurateur. Celui ci- a été approuvé par la DRIRE qui a conclu à la conformité du site.
Christine Delahaye
Membre de l'IFETS
Tel/Fax : (0)1 48 77 78 90
En bref
AXE-SOUFFLOT
Le Cabinet Soufflot est repris par la société Axe Développement implantée à Bruz (35) et Lorient (56) et devient Axe-Soufflot.
Cette reprise s'inscrit dans le plan de continuation du cabinet Soufflot en prévision du départ de son créateur Louis Soufflot qui reste consultant honoraire de l'entreprise.
La sté Axe développement est, eu égard à l'origine de ses dirigeants (ex inspecteurs des Installations Classées Drire), spécialisée en particulier dans les domaines des risques industriels, du traitement des déchets et des carrières : www.axe-environnement.com
Les synergies entre les deux structures permettent d'élargir les prestations suivantes :
- conseil en stratégie environnementale
- gestion des dossiers d'installations classées
- réalisation d'études spécifiques et d'assistance technique
- management ISO 9001 et 14001, OHSAS 18001
- mise à disposition d'ingénieurs, en temps partagés pour la mise en place de systèmes de management ISO ou pour des études spécifiques.
- formations à la carte, adaptées aux besoins de l'entreprise
- veille réglementaire - Environnement et sécurité personnalisée.
L'organisation de Soufflot restant inchangée, votre interlocuteur sera Mme Sylvie Soufflot avec l'appui technique de la sté Axe-développement.
s.soufflot@axe-environnement.fr
Dêchets toxiques : rebondissements français à Abidjan
L'entreprise Tredi du groupe français Séché Environnement a été désignée pour effectuer l'enlèvement des déchets toxiques à Abidjan. L'opération devrait durer environ deux mois.
Des substances dangereuses contenues dans des boues d'hydrocarbures (soit 500 tonnes de déchets) avaient été déposées illégalement dans plusieurs décharges de la capitale ivoirienne, entraînant une intoxication grave par inhalation de centaines de riverains.
Cette affaire de déchets toxiques connaît quelques rebondissements puisque deux cadres français du holding hollandais Trafigura (affréteur du navire grec, responsable de la pollution en Côte d'Ivoire) ont été interrogés par les autorités ivoiriennes.
Il s'agit de Jean-Pierre Valentini, responsable de la zone Afrique de l'Ouest et Claude Dauphin, actionnaire principal de Guy Dauphin Environnement et créateur d'une société de courtage de produits et de déchets pétroliers (Ecore), aujourd'hui absorbée par Trafigura.
(Extrait de Recyclage Récupération n° 31 - septembre 2006)