E133 – rt 2018

En quoi consiste la fameuse réglementation thermique 2018 ?

Réduction des consommations énergétiques et des émissions de CO2 des bâtiments, augmentation du confort des occupants, préservation de l’environnement… Les différentes réglementations thermiques qui se sont succédé depuis l’apparition de la RT 1974, la toute première du genre, visent toujours plus haut en termes d’objectifs.

« Bâtiment basse consommation pour tous ». Telle est la devise actuelle du gouvernement avec la RT 2012, depuis janvier 2013. Faisant de plus en plus parler d’elle dans l’actualité, la RT 2018 met, quant à elle, en avant les Bâtiments à énergie positive (BEPOS). Notons que ce type d’habitat qui produit plus d’électricité qu’il n’en utilise. Le surplus alors fourni pouvant contribuer à alimenter le quartier en électricité.

En quoi consiste cette nouvelle réglementation qui se profile à l’horizon 2018 ? Quels en sont les enjeux ? Les détails.

Principes de la RT 2018 ?

La nouvelle réglementation pour 2018-2020 deviendra bientôt le nouveau standard. Sa mise en vigueur sera effective pour les futurs bâtiments publics dès 2018, et pour toutes les autres constructions neuves, y compris les maisons individuelles, à partir de 2020.

Les logements conformes à la RT 2018 devront respecter des modes d’édification encore plus vertueux que ceux obéissant à la norme RT 2012. Pour atteindre cet objectif et afin de mesurer l’efficience du bâti, le Référentiel établi par l’État préconise deux échelles d’efficience : l’une comprend quatre niveaux, et l’autre deux.

RT 2018 : l’essentiel à connaître

Quatre niveaux d’efficacité énergétique

L’échelle de performance dans ce domaine se décline en 4 niveaux :

  • Les 3 premiers sont baptisés « Énergie 1 », « Énergie 2 » et « Énergie 3 ». Ils visent une amélioration conséquente, et à coût maîtrisé, de l’efficacité énergétique du logement grâce à un recours significatif aux énergies renouvelables (EnR en abrégé) pour la production de chauffage ou d’électricité.

  • Le dernier niveau, « Énergie 4 », quant à lui, vise un bilan énergétique nul (maison passive, générant autant d’EnR qu’elle n’en consomme) ou négatif (BEPOS) sur tous les usages : chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, éclairage, ventilation, auxiliaires.

Ces 4 niveaux d’exigence sont basés sur l’indicateur « BilanBEPOS », dont la valeur doit être inférieure ou égale à un seuil maximal, le BilanBEPOSmax, défini par l’arrêté du 12 octobre 2016.

Deux niveaux d’efficacité environnementale

Pour ce qui est de l’échelle de performance relative aux émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), elle comporte 2 niveaux :

  • Le niveau « Carbone 1 », qui n’exclut aucun mode constructif.

  • Le niveau « Carbone 2 », qui valorise les opérations les plus performantes en termes de réduction de l’empreinte écologique des matériaux et équipements utilisés, avec le respect à minima du niveau « Énergie 1 ».

Ces 2 niveaux « Carbone » reposent sur deux indicateurs :

  • Eges, quantifiant les émissions de GES sur l’ensemble du cycle de vie du bâti, depuis sa conception jusqu’à sa démolition. La période de référence étant égale à 50 ans.

  • EgesPCE, mesurant les rejets de GES des produits de construction et des équipements utilisés.

Si vous souhaitez avoir plus de détails et suivre les actualités à propos de ces différents niveaux d’efficience préconisés par le Référentiel établi par l’Etat, cliquez ici.

Différences entre RT 2012 et RT 2018

La RT 2012, obligatoire actuellement s’attache à aider les ménages à économiser le chauffage et l’électricité afin de voir leurs factures baisser. Alors que la RT 2018, quant à elle, impose à tout nouveau bâti de générer plus d’électricité que n’en consomment ses occupants. Un bond prodigieux en avant dans l’histoire des RT !

Mais ce n’est pas tout, car cette nouvelle norme prend aussi en compte l’empreinte écologique du bâti depuis son édification jusqu’à sa démolition, ainsi qu’aux conditions de fabrication des équipements. L’utilisation de matériaux à faible impact carbone étant fortement encouragée.

En tous les cas, par rapport aux exigences de la RT 2012, celles de la RT 2018 sont bien plus contraignantes.

Les exigences de la RT 2012

Pour rappel, la RT 2012 impose trois exigences de résultats caractérisées par :

  • Le Bbio.

  • Le Cep.

  • Le Tic.

Des exigences de moyens, relatives à l’étanchéité à l’air du bâti ainsi qu’à l’installation d’une source d’EnR, sont en outre à mettre en œuvre.

RT 2018 : Ajout de nouveaux indicateurs

La RT 2018 ajoute à ces mesures réglementaires de la RT 2012 de nouveaux indicateurs, parmi lesquels :

  • Le BilanBEPOS qui porte sur l’ensemble des usages énergétiques dans l’habitat.

  • Le confort thermique d’été, qui intègre un indicateur appelé Dies (durée d’inconfort d’été statistique), exprimé en heures et qui s’appuie sur les notions de confort adaptatif et de pourcentage d’insatisfaits.

  • Le RER qui quantifie la part d’énergies renouvelables ou de récupération utilisées pour répondre aux besoins énergétiques de la maison.

  • Les indicateurs d’impact environnemental, définis par la norme NF EN15978 ainsi que les indicateurs « pollution de l’eau » et « pollution de l’air ».

  • Les 4 contributeurs : « Produits de construction et équipements », « Consommations d’énergie », « Chantier », « Consommations et rejets d’eau ».

Plusieurs de ces dispositions sont encore actuellement à l’étude.

Les labels qui préfigurent la RT 2018

Si vous souhaitez bâtir votre maison et aller au-delà du standard réglementaire actuel de l’édification de logements, plusieurs démarches de labellisation peuvent vous aider à anticiper l’arrivée de la RT 2018, dont :

  • Le label BBCA (Bâtiment Bas Carbone) de l’association BBCA.

  • Le label « E+C- » délivré par les 5 organismes accrédités (Certivéa, Cerqual, Cequami, Prestaterre et Promotélec Services) ayant passé une convention avec l’État.

  • Le label « Bepos-Effinergie 2017 » de l’association Effinergie.

En faisant preuve d’exemplarité énergétique ou environnementale ou si votre bâti est à énergie positive, vous pouvez obtenir un bonus de constructibilité jusqu’à 30 %. Autrement dit, une autorisation d’augmenter la surface constructible de 30 % maximum par rapport à celle définie par les règles d’urbanisme de la collectivité où est implanté votre bâtiment.

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