E043 – conformite rt 2018

Après la RT 2012, la RT 2018

La future réglementation qui régira le domaine de la construction s’appellera RT 2018. S’inscrivant dans la lignée de la RT 2012, elle vise elle aussi à assurer le respect de l’environnement en limitant toujours plus les émissions de gaz à effet de serre.

Pour l’heure, la RT 2012 est une obligation pour tous les nouveaux ouvrages (sauf cas très particuliers) et elle impose un cahier des charges assez restrictif. La réalisation d’une étude thermique, notamment, est l’un des points cruciaux avant travaux.

Dans le but d’obtenir des édifices moins énergivores, beaucoup d’efforts sont dépensés en amont de la construction pour s’assurer de la conformité de tout nouveau projet.

Quelles sont les obligations et les objectifs de la réglementation à venir ?

conformité rt 2018

La future RT

Encore en gestation, la RT 2018 va bientôt voir le jour et être appliquée aux projets publics dans un premier temps. A l’aube de 2020, c’est l’ensemble des projets qui devront y répondre, qu’il s’agisse de constructions individuelles ou collectives.

L’objectif premier est d’améliorer de 15 % l’efficacité des ouvrages à venir. Ce seuil de 15% est celui fixé depuis l’apparition de la première RT et qui sert d’objectif à chaque nouvelle mouture. Depuis l’apparition de la première RT en 74, c’est la feuille de route de ces réglementations, réduire peu à peu l’émission de gaz et réduire l’empreinte écologique de notre parc immobilier.

La RT 2018 vise l’émergence de bâtiments à énergie positive. Il s’agit de produire plus que l’on ne consomme. Jusque-là, on insistait sur la qualité du bâti et sur la limitation de pertes thermiques. Cette fois-ci, en plus d’insister sur les propriétés intrinsèques de la réalisation, il faut inclure un minimum de 20% d’énergies renouvelables dans le cahier des charges.

Autrement dit, il ne suffira plus d’avoir un bâti de qualité, mais il faudra prévoir l’installation de systèmes destinés à la production énergétique. Qu’il s’agisse de chaleur ou d’électricité, le recours à des panneaux sera obligatoire. Ils viendront occuper des espaces dits  ’’passifs’’, comme les toitures par exemple et viendront donc alimenter le logement, ou du moins une partie.

Quelles innovations ?

Au-delà du recours à des sources de production énergétique, l’emploi de matériaux biosourcés devraient faire partie de la feuille de route.

On s’intéresse là à l’origine des matériaux qui seront employés pendant les travaux. Au-delà de leur performance, leur origine va tenir une place importante. Leur production devra répondre à un certain nombre d’obligations. Elle devra être considérée comme suffisamment respectueuse de l’environnement pour pouvoir être incluse dans un ouvrage. L’emploi de bois, de paille ou de laine de mouton permettront par exemple d’obtenir un label de bâtiment biosourcé.

Pour ce qui est de bâtir, l’emploi de blocs de pierre ponce sera également reconnu. Son emploi permet ensuite l’accroche de revêtement et sa production est moins énergivore que bien d’autres matériaux. L’accent est mis sur l’aspect recyclable et non polluant.

On va également insister sur l’utilisation de vitrages chauffants. En effet, même si la RT 2012 impose une étude thermique pour limiter les déperditions, les vitrages restent des postes à améliorer. Ces surfaces engendrent en moyenne des déperditions de l’ordre de 7%. Ce chiffre est intéressant dans la mesure où il permet une amélioration substantielle de l’efficacité de l’ensemble d’un logement par exemple. Ainsi, l’emploi de vitrages chauffants viendra s’ajouter à la panoplie d’outils déjà utilisés.

Tous les acteurs de la filière sont conscients des enjeux et tendent à proposer des solutions s’inscrivant dans la dynamique insufflée par la première RT.

Les BEPOS

Il s’agit des Bâtiments à Energie POSitive. Ces constructions doivent produire plus qu’elles ne consomment.

Ne vous y trompez pas, on ne parle pas ici que d’électricité. Il s’agit de tout ce que nécessite un bâtiment pour fonctionner. Il peut s’agir de chaleur avec l’utilisation de pompes à chaleur ou de panneaux thermiques. Concrètement, on entend réduire au maximum la nécessité d’utilisation d’énergies fossiles ou non-renouvelables.

L’émergence de systèmes tels que les puits canadiens peuvent venir renforcer la panoplie de dispositifs mis en place. La géothermie va tenir une place prépondérante dans la conception de nos futurs habitats et nous assurer air frais en été et air tempéré en hiver. Les actualités dans ces domaines vont bon train et laissent envisager le futur visage de notre parc immobilier.

La RT 2018 ne tiendra pas seulement compte du seuil de consommation énergétique par an à ne pas dépasser, mais va projeter ces calculs sur l’ensemble de la vie de l’ouvrage. Voilà pourquoi la nature écoresponsable des matériaux employés est prise en compte, leur recyclage doit être facilité dans le cas d’une démolition.

On se rend compte que les projections dans le cadre de la RT 2018 voient plus loin que tous les paramètres pris en compte jusqu’à présent. Tout au long de sa vie, un édifice devra avoir fourni et généré plus qu’il n’a consommé.

Les différences entre RT 2012 et RT 2018

La RT 2018 reprend tous les points de la RT 2012 et vise à les améliorer. Le seuil de consommation de 50 KWh/m² pris en compte aujourd’hui va devoir être ramené à 0. C’est la principale différence existant entre les deux réglementations.

L’efficacité du bâti et la suppression des ponts thermiques restent donc centrales, mais c’est l’emploi d’énergie renouvelable qui fait la différence. On entend utiliser les surfaces dites ‘’passives’’ pour les équiper de systèmes d’accumulation thermique ou de production photovoltaïque.

L’emploi d’isolation extérieure au bâti va aussi gagner du terrain et permettre une efficacité accrue de cette dernière. Le mode de calcul change aussi pour prendre en compte l’utilisation totale du bâtiment, à savoir sur toute sa vie, pour permettre de répondre à la RT 2018.

L’application de l’ensemble de ces mesures est aujourd’hui estimée à un surcoût compris entre 5 % et 10 %. Compte tenu du mode de calcul basé sur la vie globale de l’ouvrage, on comprend qu’il sera largement amorti au long des années.

La RT 2018 entend être plus rigoureuse et plus restrictive que les réglementations précédentes. Néanmoins, n’oublions pas que ces efforts s’inscrivent dans un élan de préservation de nos ressources et donc de notre environnement.

Plus que des contraintes, il s’agit d’un investissement sur l’avenir.

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