E123 – rt 2012

L’évolution de la RT  2012

L’objectif de l’État est de contrôler les bâtiments neufs qui doivent désormais être à basse consommation. Pour cela, il a mis en place une Réglementation Thermique, appelée RT, qui évolue au fil des années. Trois calculs sont nécessaires pour obtenir l’attestation de conformité. Au-delà de ces données chiffrées qui constituent un minimum légal, nous allons vous préciser l’esprit qui préside à cette réglementation issue du Grenelle de l’Environnement.

Tout d’abord, elle est destinée à faire évoluer les pratiques dans le sens d’une conception bioclimatique renforcée de chaque bâtiment professionnel ou privé (de la maison individuelle au logement collectif). D’autre part, elle demande un effort d’innovation pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en allégeant votre facture de façon durable.

Nous en profitons pour vous présenter quelques exemples de bâtiments-pilotes qui seront peut-être la norme en 2020.

RT 2012 : mise en perspective

La conception bioclimatique

Il s’agit d’implanter et de concevoir un bâtiment en fonction du climat et de son environnement immédiat. Son implantation doit avoir une orientation favorable. Il est climatisé, dans la mesure du possible, par le rayonnement solaire et par une bonne circulation de l’air à l’intérieur du logement.

Des résultats mesurables

La mise en oeuvre relève du choix du maître d’ouvrage. Aucune solution énergétique n’est préférable dans l’absolu. Il faut tenir compte des conditions propres à chaque construction pour limiter la consommation thermique.

C’est pourquoi une étude thermique est nécessaire, réalisée par un bureau d’études thermiques. Voici les étapes de son travail :

  •  Prendre des mesures dont il commente les résultats ;
  •  Faire des propositions d’installation qui seront discutées et réalisées par le maître d’oeuvre.

Les exigences réglementaires sont les suivantes. Il faut calculer trois indices : Bbio, CEP et TIC. Seuls les thermiciens agréés d’un bureau d’études thermiques sont habilités à fournir ces données qui permettront au maître d’ouvrage d’obtenir les attestations obligatoires à joindre :

  • Au dossier de demande de permis de construire ;
  • À la déclaration de fin de travaux.

Cette évolution législative met tout le monde d’accord sur le principe : une conception de bon sens, économe en énergies non-renouvelables, pour un allégement des frais annuels de chauffage et de climatisation.

Les seuils exigés restent raisonnables et il est recommandé, pour tout projet, d’avoir une consommation électrique moindre que les maxima requis. Certes, cet effort individuel a bien souvent des exigences coûteuses au moment de l’installation. Mais il permet une économie conséquente à long terme.

Les trois calculs réglementaires de la RT 2012 sont destinés à donner une indication sur le niveau de consommation énergétique de chaque projet de construction d’une maison. Ils peuvent aussi être l’occasion de repenser un projet avec le thermicien qui fait un chiffrage à long terme.

Cellules photovoltaïques

Des mesures fiscales (CITE) incitent des milliers de ménages, chaque année, à recourir aux cellules photovoltaïques. Grâce à elles, le rayonnement du soleil est transformé en électricité. Plus précisément, comment est-ce possible ? Lorsqu’un photon arrive sur la paroi, il éjecte un électron. Il suffit alors de récupérer celui-ci pour créer une charge positive.

La technologie évolue et les nouveaux panneaux solaires sont bien plus performants et esthétiques au fil du temps. Il se pourrait qu’à l’avenir, le silicium soit remplacé par la pérovskite, pour un rendement exceptionnel. Les études sont en cours pour développer cette technologie.

Il convient toutefois de rester vigilant et d’être conseillé par un thermicien ou un architecte, car les offres commerciales peuvent être de qualité très variable. Le succès de cette solution de chauffage a fait naître une demande croissante à étudier de près.

Géothermie

La géothermie commence également à faire des adeptes, pour se chauffer avec l’énergie du sous-sol. Il s’agit de forer un puits géothermique et de transférer la chaleur souterraine au moyen d’un fluide caloporteur.

Le forage nécessite une ouverture d’une vingtaine de centimètres environ. On considère généralement que deux sondes de 60 mètres de profondeur permettent de chauffer une surface de 100 m2 dans une maison individuelle. Une étude préalable de la nature des roches est nécessaire pour déterminer la longueur de la sonde.

La pompe à chaleur géothermique est une solution d’avenir, qui permet de chauffer aussi bien que de refroidir.  Si l’installation est coûteuse, elle est en partie déductible des impôts, avec une tendance à l’être de moins en moins. La facture énergétique s’en trouve largement réduite.

Ces deux exemples ne sont en aucun cas limitatifs, encore moins prescriptifs. En effet, tout dépend de la région, du climat, de la nature des sous-sols… Il faut étudier les solutions les plus adaptées à l’emplacement du bâti, mais aussi à l’usage qui en sera fait.

Perspectives sur la Réglementation Thermique

La RT n’est pas gravée dans le marbre et elle n’est qu’un moyen de contrôle. Ce qu’il faut comprendre, c’est l’évolution de l’impératif écologique. Il est tout à fait possible de repenser sa façon de consommer, d’autant qu’il existe des technologies qui n’induisent pas de coût à long terme. Il n’existe pas non plus de solution clé en main, puisque tout dépend de l’implantation géographique des bâtiments.

Avant la RT 2012

Chacun est libre, depuis le début, de choisir la mise en oeuvre qu’il souhaite, pourvu que les résultats soient au rendez-vous. La performance énergétique requise ne cesse de croître depuis les premières réglementations de 1974. La RT 2005 préconisait de se limiter à 250 kWh/m²/an, tandis que la RT 2012 impose un seuil maximal de 50 kWh/m²/an, avec des assouplissements pour une maison de moins de 100 m2.

La réglementation n’en restera pas là, mais un cap décisif sera franchi avec les bâtiments à énergie positive. Il s’agit de consommer moins d’énergie qu’on n’en produit. Particuliers et entreprise se lancent de plus en plus souvent dans cette nouvelle aventure qui pourrait bien devenir un jour une obligation.

La RT 2018

Nombreux sont ceux qui anticipent la RT 2018 et plus, notamment grâce au label HQE (Haute Qualité Environnementale). En anticipant son budget sur dix ou vingt ans, on réalise des économies conséquentes au plan financier, de la santé et de l’environnement. L’urgence climatique a été établie et requiert une solidarité, dans la mesure du possible. La RT 2012 est un seuil minimal pour l’ensemble des bâtiments. Il est tout à fait possible d’aller au-delà de ces exigences et d’améliorer le confort thermique des habitants au cas par cas.

La RT 2018 ne sera pas applicable dans l’immédiat pour les particuliers. Elle donnera lieu à une législation unique avec le RBR 2020, aux dires des politiques.

Il ne s’agit pas de presser le client de dépenser plus dans des installations improbables mais réellement d’arrêter de surconsommer et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit donc de limiter la production de dioxyde de carbone (CO2). Notre mode de vie doit évoluer, sous peine de réchauffement climatique néfaste, lequel a déjà eu lieu en certains endroits de la planète. La presse se fait régulièrement l’écho des études scientifiques internationales. Elle explique en particulier les conclusions du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

La recherche du confort

Les besoins ne sont pas les mêmes pour tout le monde. D’une famille à l’autre, la température recherchée peut varier d’un ou deux degrés. La recommandation est de viser une atmosphère saine, avec une hygrométrie de 50% environ, sans courant d’air ni poussière, pour une température moyenne de 19°C. En effet, même si ce seuil peut sembler assez bas, il a été proposé en concertation avec les instances ministérielles chargées de la Santé.

Les bâtiments-pilotes

Il s’agit de prolonger l’effort de constructions à énergie positive (BEPos), équipées de capteurs pour réaliser des tests et préparer la nouvelle réglementation, en vue de la RT 2018 et dans le cadre de la Réflexion Bâtiment Responsable (RBR) à l’horizon 2020.

Domotique

À titre d’exemple, le groupement Comepos réalise des expérimentations avec les installations suivantes en région parisienne, pour des maisons individuelles de 100 m2 destinées à une famille de quatre personnes :

  • Isolation en mousse de polyuréthane et laine minérale ;
  • VMC double flux ;
  • Chauffe-eau thermodynamique ;
  • Triple-vitrage ;
  • Panneaux photovoltaïques (25 m2).

La domotique est au service d’une « maison intelligente » avec par exemple des volets roulants actionnés par des capteurs solaires, au plus près des besoins. Le résultat est sans appel : la maison consomme 19 kWep/m2 par an, soit plus du double d’économie par rapport au seuil fixé par la RT 2012.

Le label énergie-carbone 

Lancé en 2016, le label énergie-carbone poursuit l’effort de la RT 2012 dans sa lutte contre l’émission de gaz à effet de serre. En 2017, les maîtres d’ouvrage qui le souhaitent peuvent participer à l’expérimentation en se rendant sur le site Bâtiment à énergie positive et réduction carbone. Elle peut aussi bien concerner une maison individuelle qu’un logement collectif ou un quartier résidentiel.

Une maison-témoin de la Roche-sur-Yon a reçu le label E+C- pour un coût réduit :

  • Béton et isolation thermique intérieure ;
  • Ventilation double flux individuelle ;
  • Panneaux photovoltaïque (16 m2).

Ces expérimentations ont l’avantage de faire collaborer les constructeurs et l’État, de façon à permettre une mise en oeuvre réelle de la réglementation future. Une démarche tout à fait constructive ! Des engagements ont même été pris pour que le label soit apposé sur plusieurs milliers de logements sociaux. 

Désormais, l’empreinte carbone est calculée tout au long du cycle de vie du bâtiment. Elle correspond au niveau d’émission de gaz à effet de serre, lequel doit être le plus bas possible.

Conclusion

La RT 2012 se situe dans une dynamique de long terme. Elle est le résultat d’un effort qui a déjà permis une nette amélioration de la performance énergétique des infrastructures neuves. La volonté de l’État est de poursuivre le cap fixé par le Grenelle de l’Environnement en 2010.

La réduction drastique des consommations superflues passe par un changement d’habitude, une nouvelle façon de réfléchir à son mode de chauffage et de production d’eau chaude. Les perspectives nouvelles montrent la nécessité de repenser un projet de construction.

Il existe des contraintes liées au réchauffement climatique, un appel à la responsabilité collective est lancé. Heureusement, il va de pair avec l’amélioration du bien-être thermique de chacun et avec des économies non négligeables, pour qui sait calculer à long terme

NB : Pour tout projet de rénovation, il faut se pencher sur la RT existante, qui voit elle aussi des avancées notables.

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