E001 – a quoi sert etude thermique

L’étude thermique : pour quoi faire ?

L’étude thermique d’un bâtiment est plus poussée qu’un diagnostic. Elle ne fournit pas seulement un premier niveau d’information sur sa consommation énergétique. Elle permet aussi de faire une projection thermodynamique sur plusieurs années, voire décennies. Cette simulation permet d’envisager des équipements qui ont le double avantage d’être écologiques et de réduire les frais. C’est aussi grâce à elle que l’on obtient les deux attestations obligatoires, à joindre au dossier de demande de permis de construire, puis à la déclaration de fin de travaux.

Pour la réaliser, le maître d’oeuvre se tourne vers un bureau d’études thermiques qui fait une analyse approfondie des plans, des bâtiments et du terrain. Pour un projet de construction, il applique la RT 2012. S’il s’agit d’un projet de rénovation, il applique la RT existante. Dans les deux cas, il propose un cahier des charges après fait une simulation. Il envisage à long terme l’efficacité de l’isolation, des équipements (ventilation, eau chaude sanitaire, chauffage, refroidissement, électricité) et du confort d’été.

à quoi sert étude thermique

La RT existante pour rénover 

Une étude thermique consiste à orienter les travaux vers la mise en oeuvre d’installations qui limitent au maximum les déperditions énergétiques. Elles doivent garantir une bonne isolation, ventilation et un système performant de chauffage et climatisation.

La législation indique le seuil plafond des dépenses énergétiques autorisées. Il faut suivre la Réglementation Thermique dans l’existant (pour les surfaces inférieures à 1000 m2). Elle s’applique aussi aux constructions neuves et aux extensions de moins de 50 m2 (< 30% de l’existant ; < 150 m2).

L’arrêté du 22 mars 2017 sur la RT existante par élément franchit un palier supplémentaire dans le niveau d’exigence en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Des valeurs maximales ont été définies dans différents domaines. Elles varient selon les zones climatiques :

  • Résistance des matériaux à la chaleur et au froid ;
  • Menuiseries ;
  • Générateurs (chaudières, pompes à chaleur, radiateurs électriques, planchers chauffants).

La RT 2012 pour construire

Elle s’applique dès lors que la surface (appelée SHON puis SRT) est supérieure à 50 mètres carrés. Le thermicien connaît précisément ce mode de calcul.

Pour les surfaces comprises entre 50 et 100 mètres carrés, c’est assez simple. La RT 2012 impose le calcul de l’indice bbio qui désigne les besoins bioclimatiques. Il s’agit de concevoir des bâtiments éco-responsables, pas trop gourmands en énergies non-renouvelables. La tendance est même de concevoir des bâtiments qui produisent plus d’énergies qu’ils n’en consomment. Un cap a été franchi par rapport à l’époque où l’on tentait simplement de construire des maisons passives (dont les émissions d’énergie compensent les dépenses).

Si la surface de la maison est supérieure à 100 mètres carré, deux autres calculs doivent être effectués : 

  • CEP : la consommation ne doit pas dépasser 50 kWh par mètre carré et par an pour ce qui est du chauffage, de l’eau chaude sanitaire (ECS), refroidissement, éclairages et équipements.
  • TIC : le confort d’été est calculé de la façon suivante. La température à l’issue de cinq jours de grosses chaleurs ne doit pas excéder 26°C.

Ces calculs sont réalisés lors de l’étude par des professionnels. Ils doivent au final indiquer avec précision la dépense d’énergie primaire. Il faut donc, pour la limiter, avoir des appareils performants pour ce qui est consommé au final reste limité. Les équipements doivent donc être dans des normes qui garantissent l’optimisation des ressources naturelles (chaleur ou air frais).

Pour cela, les matériaux doivent avoir une bonne inertie, de façon à capter la chaleur aux bons endroits. Dans les projets de construction d’une maison, chaque détail compte. Avec de bons équipements, on peut ramener la facture énergétique à 300 euros par an.

Quelle est la différence avec le diagnostic et l’audit énergétique ?

Les termes se ressemblent mais ils correspondent à des situations différentes. Ces expertises sont toutes réalisées par un bureau d’études thermiques. Voici deux définitions pour ne pas se tromper. 

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)  se fait rapidement, à partir du relevé des données de consommation énergétique et des caractéristiques principales du bâti. Il permet d’attribuer les étiquettes « énergie » et « climat » qui permettent de visualiser en un clin d’oeil la consommation énergétique d’un bâtiment. Il doit être fait au moment de louer ou de vendre un bien. L’acquéreur doit pouvoir estimer les dépenses énergétiques du logement.

L’audit énergétique concerne les copropriétés de plus de cinquante lots. Avant le démarrage de tout chantier, il est nécessaire de procéder à une expertise approfondie des bâtiments. Cet audit thermique est obligatoire dès que des travaux de rénovation, d’extension sont entrepris.

Les coûts seront bien entendu différents, selon que le thermicien délivre un simple document (DPE) ou bien réalise une projection thermodynamique pour chiffrer le coût énergétique à long terme. Pour cela, il se déplace avec une caméra thermique. Il utilise ensuite de nombreuses données chiffrées au moyen de nouveaux logiciels particulièrement performants. Ils permettent des simulations précises sur les besoins énergétiques chaque saison, pour les années à venir. Cette expertise engage alors le budget futur.

Qui va être concerné par la RT 2018 ?

Pour les particuliers qui font construire une maison individuelle, une nouvelle réglementation est prévue pour 2020. Elle se situera dans le droit fil de la RT 2012, en renforçant les exigences pour une conception bioclimatique encore plus efficace au plan de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les thermiciens sont au fait de toutes les évolutions législatives.

Il convient d’être moins dépendant du nucléaire et du pétrole, tout en limitant l’impact de la pollution sur l’environnement immédiat, mais aussi à l’échelle de la planète. L’opinion publique est maintenant sensibilisée au fait qu’un effort collectif est à entreprendre pour limiter au maximum l’érosion de la couche d’ozone. C’est elle qui nous protège des rayonnements solaires excessifs. Toutefois, le réchauffement climatique est déjà en marche et nous devons contribuer à sa limitation.

Heureusement, cet effort remporte un certain succès dans la mesure où il permet de réduire la facture énergétique annuelle des particuliers comme des entreprises et collectivités. Les installations sont certes coûteuses à court terme, mais il existe des solutions de crédit soutenues par les gouvernements, comme l’éco prêt habitat. 

En conclusion, le rôle de l’étude thermique est bien d’améliorer la performance énergétique d’une maison, sans négliger ni le confort ni le budget. Le chantier peut être suivi en concertation avec le thermicien qui veillera à ce que les installations fonctionnent de façon optimale. Il existe notamment de nouvelles technologies plus efficaces que par le passé.

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